Friday 27 April 2018

C comme Chamanisme

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« la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre…
Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil.
Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même »
( Chef Seattle de la tribu des Duwamish)

« C’est une triste chose de songer que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas », regrettait déjà Victor Hugo. Face à la mise en danger de la biodiversité, cette plainte s’est transformée en cri. Or, « tout ce qui arrive à la terre, arrive aux fils de la terre »…

Déracinés par nos vies modernes, conscients qu’un changement est indispensable, nous avons soif de ce que nous avons perdu : le lien sacré avec la terre et tout ce qui y vit, le regard émerveillé de l’enfant, mais aussi une certaine qualité d’être. Être au monde. Pleinement, consciemment. En toute authenticité.

Symptomatique de cette urgence « nature », le chamanisme – qui plonge ses racines aussi vieilles que l’humanité dans le fait que tout dans l’univers est relié – est éminemment tendance. Même la science actuelle se penche avec intérêt sur les savoirs des guérisseurs traditionnels et concepts chamaniques.

La biologie moléculaire s’interroge sur l’intelligence végétale. La physique quantique corrobore que, « galet, fourmi ou soi-même », tout est énergie et interconnecté. Quant aux neurosciences, elles prennent acte du caractère indissociable du corps et de l’esprit, mais aussi du potentiel de guérison intérieure.Et si le chamanisme était une voie de développement durable ? De réconciliation avec la Terre-Mère, mais aussi d’écologie humaine ; en retrouvant une harmonie essentielle avec la nature, l’humain retrouve l’harmonie avec ses pairs. Avec lui-même. Avec l’univers. Invitation au « voyage »…Chamanique, évidemment !

« Si chaque pas posé sur la terre est une prière, alors vous progresserez toujours dans le respect du sacré. Alors votre pas sera sacré », professe un chaman amérindien. Pourtant, c’est avec de gros sabots que l’homme piétine la terre ! Les progrès de la société industrielle l’ont éloigné de la nature. S’en croyant séparé, il a développé un sentiment de supériorité et un comportement de prédateur irresponsable : cette nature, il allait la dominer ! Pourtant, « la terre n’appartient pas à l’homme ; l’homme appartient à la terre… Ce n’est pas l’homme qui a tissé la trame de la vie : il en est seulement un fil. Tout ce qu’il fait à la trame, il le fait à lui-même », affirmait, en 1884, le Chef Seattle, de la tribu des Duwamish, au gouvernement américain. Il prédisait que l’homme blanc n’allait laisser derrière lui qu’un désert… Une prophétie devenue triste réalité dans certains coins du monde. Et qui nous impose de réagir.

La Voie de l’harmonie
Devant les dommages actuels, il est urgent de reconsidérer la terre, notre maison, et notre rapport à la nature… Cette [re]découverte de l’aspect sacré du monde naturel est l’argument phare de tous ceux qui pratiquent le chamanisme de nos jours, qu’ils proviennent de cultures traditionnelles ou qu’ils soient des néo-chamanes, oeuvrant sous nos latitudes et métissant diverses approches.

En effet, il est plus qu’urgent d’harmoniser nos comportements avec les cycles naturels. D’écouter la Terre-Mère. En pleine conscience, de se sentir une partie du Tout, en interrelation et interaction constantes. D’élargir notre vision, afin de sortir de notre regard limitatif, anthropocentriste et séparateur, source de souffrance au niveau individuel et collectif. De retrouver une fluidité, une cohérence, une unité, un équilibre. De revenir à notre vraie essence…nature, bien sûr ! De laisser circuler l’énergie, sans entraves. De déployer une liberté intérieure, synonyme de créativité, souplesse, émerveillement. De joie. C’est là l’invitation multiple du chamanisme. En changeant notre rapport à la nature, nous changeons notre rapport à la vie. Dans le sens de plus de respect, d’écoute et de bienveillance. Une voie d’attention.

Des racines…
Le chamanisme est certainement l’un des plus anciens héritages spirituels de l’humanité. On en trouve des traces remontant jusqu’au moins 30.000 ans. « Ses racines plongent profondément dans le passé préhistorique de l’humanité. On retrouve des évidences anciennes de pratiques chamaniques sur toute la planète et le chamanisme est encore pratiqué de nos jours par les indigènes sur tous les continents, révélant des similarités remarquables à travers temps, espace et cultures », éclaire Claude et Noëlle Poncelet, spécialistes du chamanisme, qu’ils sont allés recueillir à la source, dans de nombreuses cultures et qui l’enseignent aux Etats-Unis, en Belgique, France, Suisse… 

Le mot générique de « chamanisme » a été donné récemment pour désigner toutes ces pratiques encore entretenues (même si souvent menacées d’extinction) par des chamans indigènes en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Asie, en Afrique, dans l’Arctique et ailleurs. C’est au peuple de Sibérie qu’on a emprunté le mot « chamanisme », ou « shamanisme », venant du mot saman de la tribu des Tungus. « C’est le mot choisi par les premiers anthropologues russes pour identifier des individus qui s’adonnaient à des pratiques spirituelles spécifiques et remplissaient des fonctions caractéristiques dans leurs communautés », explique Claude Poncelet. Savoirs traditionnels qui, quoiqu’on en pense, font également partie de notre patrimoine.

« On peut évoquer ce qui se passait dans nos cavernes couvertes de peintures préhistoriques, au temps de la Déesse. On peut aussi découvrir les récits du temps des druides. Merlin était un chaman », s’enthousiasme Benoît de Pierpont. « Cette tradition chamanique en Europe occidentale, dans les cultures Celtiques et Pré-celtiques, a été largement éradiquée par l’invasion romaine et la christianisation qui s’ensuivit, bien que, pour le moment, un regain d’efforts soit en en train de rétablir ces anciennes traditions chamaniques européennes », poursuit Claude Poncelet.

…et du zèle
« Ne peut-on voir des traces de chamanisme dans le scoutisme, où le rapport à la nature est omniprésent ? Quant aux totems ne sont-il pas à rapprocher des animaux de pouvoir », s’interroge utilement Yves Rasir, lors de nos discussions autour de ce dossier… En tout cas, c’est dans le monde occidental que le chamanisme renaît et se développe fortement aujourd’hui. Parfois, il est vrai, de manière galvaudée, floue ou folklorique, mettant l’accent sur des pratiques naturalistes ou magiques. Pour qu’il nous « parle », le chamanisme se doit d’être inspiré des cultures qui le pratiquent encore, mais ancré dans notre culture occidentale, nos représentations symboliques et nos rituels.

La tâche actuelle est de faire renaître un chamanisme vivant, qui soit l’expression de nous-mêmes et de notre époque. Cette résurgence actuelle du chamanisme, parfois appelée néo-chamanisme, se développe particulièrement en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis. Sachez que ce ne serait pas un hasard…« C’est là l’accomplissement de la prophétie amérindienne selon laquelle le Temps de la Révélation viendrait lorsque les Feux Sacrés auxquels les Anciens des tribus confiaient symboliquement leurs Enseignements en cas de menace grave seraient ranimés dans d’autres pays, par des peuples de races et de langues différentes et par les descendants de leurs oppresseurs. La légende dit que ce Temps de la Révélation viendrait lorsque la Terre elle-même serait suppliciée et envahie par l’avidité et l’égoïsme. Or, ce temps est venu », déclare Kenneth Meadows dans L’envol de l’aigle (éd. Pocket).

Le chemin du chaman
Le chamanisme recouvre une réalité holistique complexe, et pourtant essentielle : Tout est relié dans l’univers. C’est « la » prise de conscience fondamentale de la voie chamanique, corroborée de nos jours par les thèses de la physique quantique. Dès lors, tout ce qui existe est vivant (et digne de respect !) et tout ce qui a une forme ou une substance a un esprit, avec lequel il est possible de communiquer – êtres humains, plantes, roches, étoiles, lieux, organisations, matière… C’est dans cette dimension spirituelle de la réalité, aussi appelée réalité non-ordinaire – que voyage (au cours de « Voyages Chamaniques ») et travaille le chaman. Il y communique directement avec les esprits.

Attention : le chamanisme n’est pas une religion, ni une croyance. C’est une démarche expérientielle et individuelle. « Ce qui caractérise le chaman, explique Claude Poncelet, c’est l’état de conscience spécifiquement non-ordinaire, appelé État de Conscience Chamanique (ECC) par Michael Harner, qui permet au chaman d’entrer dans la réalité non-ordinaire et de s’y déplacer. Cette étape requiert une concentration aiguë qui permet à l’âme du chaman de voyager vers et parmi les esprits, de communiquer et d’interagir avec eux. »

Question d’éthique
C’est une démarche altruiste, exigeant expérience et impeccabilité : de manière imagée, quand on part en voyage et qu’on emmène quelqu’un, il faut revenir… « Dans l’ECC, le chaman obtient de la part des esprits de l’information, des connaissances, de l’aide, du pouvoir et d’autres ressources pour aider d’autres êtres humains, sa communauté, la planète, ainsi que pour approfondir son propre développement spirituel. Le chaman expérimenté se déplace d’une réalité à l’autre avec discipline et de façon impeccable, ce qui contribue à l’harmonie et au bien-être du tout et des parties. » Une démarche intentionnelle – il va à la rencontre des esprits -, qui le distingue du médium ou du danseur possédé qui, eux, reçoivent la visite des esprits (même si les chamans en sont aussi souvent capables).

Inutile de dire que ce travail subtil et sacré nécessite d’être parfaitement équilibré et enraciné, ce qui explique que la plupart des chamans, hommes et femmes de toutes cultures, aient un autre métier à côté, pour être parfaitement intégrés à la réalité ordinaire. C’est la voie de toute une vie. D’où le danger de certains néo-chamans qui se déclarent comme tels après un ou deux week-ends de formation… Il m’a été relaté le cas de personnes accompagnées par des chamans, qui ont effectivement été visiter la réalité non-ordinaire…mais qui ont eu bien du mal à réincorporer la réalité de tous les jours. N’oublions pas que cela peut mener à la folie…

La guérison chamanique
C’est un aspect très important de la pratique chamanique. Pour le chaman, comme tout est connecté, une maladie ou un mal-être, ont une dimension physique, émotionnelle, énergétique, mentale et spirituelle. La guérison chamanique s’adresse plus particulièrement aux aspects spirituels de la maladie, et trouve donc parfaitement sa place comme technique complémentaire des autres thérapies physiques et psychiques. La maladie a un sens : la guérison chamanique accompagne donc l’humain sur le chemin de sa compréhension.

« Guérison ne signifie pas enlever la maladie ou un retour à l’état avant la maladie, comme si de rien ne s’était passé. Mais bien découvrir ce que nous sommes en puissance, nous transformer, devenir nous-mêmes. La guérison s’étend à tout notre être ; elle permet que quelque chose de nouveau naisse et se mette en marche », illustre Benoît de Pierpont.

Philippe Lenaif, qui pratique également la guérison chamanique (auteur de Naissance d’un chaman, éd. Le Souffle d’Or), précise : « Je ne guéris pas, je relance le processus d’auto-guérison de la personne, soit son contact avec la vie. » Pour Anne-Sophie Tiberghien, réalisatrice et exploratrice (connue pour ses films estampillés « Exploration du Monde »), le chamanisme a bien été miraculeux, mais surtout transformateur : « J’ai vécu avec les Yanomamis d’Amazonie. Lors d’une guerre intertribale, j’ai été touchée par une flèche empoisonnée au curare. Pour notre médecine, je ne devrais plus être là. Les guérisseurs ou chamans m’ont sauvé la vie. Mais, surtout, ils m’ont fait prendre conscience du sens de cet événement : il était temps pour moi de rentrer dans ma tribu, et d’y devenir « qui » je suis réellement ; ce que j’avais découvert à leur contact. »

Ce travail sur soi, prépondérant dans l’approche occidentale du chamanisme, est avant tout intérieur et personnel, même si les esprits agissent comme guides sur le chemin. Le problème, c’est que souvent les gens viennent avec leurs problèmes et, prisonniers de leur mode de pensée occidental, veulent « acheter » une réponse toute faite, une solution immédiate, comptant sur la « magie » du chamanisme…   Or, il faut de l’effort et de l’implication pour retrouver sa juste place. Une voie de créativité, qui déploie au final toutes les dimensions de l’être.

La langue des signes
Le chamanisme propose un pont entre raison et intuition, entre corps et esprit, Monde Ordinaire (observable par les sens) et Monde Non-ordinaire (le domaine de l’inconscient, de l’esprit…des esprits). D’où également la raison de son succès, en ces temps où l’humain recherche une nouvelle harmonie, réunissant tous les aspects de son être. C’est la « voie des visions et des rêves », dit joliment Jeremy Narby, auteur du Serpent Cosmique et de Intelligence dans la Nature, qui a rapproché science et chamanisme. Un langage de la métaphore, où un signe est là pour représenter quelque chose d’autre. Ainsi nous parlent les images…

« Le chamanisme, tout comme la psychothérapie, sont des médecines du sens », partage Thierry Janssen, auteur notamment de La Solution Intérieure, vers une nouvelle médecine du corps et de l’esprit. Corroborant les dires de Claude Lévi-Strauss, il fait remarquer que l’expérience du patient (en chamanisme, comme en psychothérapie) est traduite à travers des symboles pleins de sens, selon un rituel et un espace de guérison définis. Mais aussi au travers de la relation de confiance qui s’établit entre chaman et patient. « Les chamans des sociétés traditionnelles ont utilisé le pouvoir de l’imagination comme une véritable médecine. Les images sont de l’information », explique-t-il. Images qui impriment le corps physique. «

 Cet « effet du sens », et la transformation qui s’ensuit, déclenchent toute une série de résultats thérapeutiques liés à l’émergence des émotions positives », poursuit Thierry Janssen. Maladie et mal-être déstabilisent et déstructurent l’être, qui vit un état chaotique. Guérir consiste donc avant tout à retrouver un nouvel équilibre. « Celui qui souffre doit pouvoir réorganiser sa représentation du monde. Or la mythologie et les rituels des guérisseurs traditionnels permettent de donner une signification aux événements et d’organiser le chaos.» Et Thierry Janssen de relater cette anecdote parlante : « Un jour, Arnulfo Olivares, un guérisseur mexicain qui venait de chasser des esprits hors du corps d’un malade s’est étonné de ma mine dubitative. Le patient avait beau avoir l’air ressuscité, je ne pouvais pas croire que quelques passes à mains nues au-dessus de son ventre aient suffi pour obtenir un aussi bon résultat. « Toi, docteur, me dit alors le guérisseur, tu enlèves les tumeurs, tu tues les microbes et tu combats les virus. Moi, je chasse les démons, j’apaise les ancêtres courroucés et je parle aux esprits malins. Nous faisons le même métier, docteur. Seuls les mots changent. Dans la tête des patients, il y a des images. Ce sont ces images qui guérissent le cœur et le corps des hommes ». »             

J’ai fait un beau voyage…
Pour assurer le passage d’un Monde à l’Autre (voir encadré « Mondes pluriels »), on fait ce qu’on appelle un « voyage chamanique ». Généralement, c’est le support du son répétitif du tambour qui aide à changer d’état de conscience ; à passer la frontière et à se déplacer intérieurement dans ces territoires non-ordinaires ; à rencontrer ses animaux de pouvoir (un peu à l’image de nos anges gardiens) et autres esprits-guides (sortes de maîtres spirituels).

Dans certaines traditions, on utilise des substances psychédéliques, comme le peyotl ou l’ayahuasca, pour assurer le passage. Mais, c’est un usage culturel, « principalement dans des contrées où climat et humidité rendent peu pratique l’emploi du tambour », précise Claude Poncelet. La fascination occidentale pour ces substances en a perverti l’usage, devenu essentiellement « récréatif », s’éloignant des desseins du chamanisme. « Dans tous les cas, partage Claude Poncelet, en plus de l’impact physiologique du son régulier de la percussion ou de la substance psychédélique, c’est le contact avec l’esprit du tambour, de l’instrument de percussion ou de la plante sacrée qui est la clé de l’expérience chamanique. » Un voyage qui prend racine dans le cœur.

Dans l’état de conscience chamanique, le chaman (ou candidat au voyage chamanique) « voit » et « ressent » avec le cœur, le troisième œil, tous les sens, les pieds, les mains (etc.) du corps énergétique. Dans ce voyage, le chaman est en-dehors des dimensions physiques d’espace et de temps.

Ce qui m’a personnellement frappée lors de mes différents voyages chamaniques, accompagnés notamment par Claude Poncelet lors de ses ateliers, c’est l’acuité des visions (même si rien n’est jamais acquis, et qu’il arrive de ne rien voir…), le foisonnement créatif des images et la pertinence des messages délivrés. Évidemment, rationalisme oblige (on ne se refait pas si vite !), je me demande si ce n’est pas moi qui ai tout créé de toutes pièces… Quelque part, peu importe. Ce sont les métaphores et les messages dont j’avais besoin à cet instant précis.

Pour finir, reprenons les mots de Sharon Salzberg [spécialiste, elle, de la méditation] qui résument tout : « Libéré de la rigidité des concepts, le monde devient transparent et s’illumine, comme éclairé de l’intérieur. Lorsque nous comprenons cela, l’interdépendance de tout ce qui vit devient une évidence. Nous voyons que rien n’est figé ou séparé du reste, et que nous sommes en osmose intime avec la substance même de la vie. De ce sentiment de lien surgissent l’amour et la compassion ». Et le chamanisme de devenir une voie qui imprègne tout le quotidien, toutes les relations, toute la vie.

Lectures chamaniques

  • Le Chamanisme et les techniques archaïques de l’extase, Mircea Eliade, éd. Payot.
  • La Voie Spirituelle du Chamane, Michael Harner, éd. Âge d’Être, Pocket.
  • L’herbe du diable et la petite fumée, Carlos Castaneda, éd. 10/18. Livre culte des apprentis chamans, même s’il semble avéré que c’est un roman imaginaire…drôlement bien documenté ! Lire aussi, les autres ouvrages de Castaneda (« Le voyage définitif », éd. du Rocher, etc.)
  • Les Sept Plumes de l’aigle, Henri Gougaud, éd. du Seuil.
  • La nuit des chamans, Luis Ansa, éd. du Relié.  
  • Chamans au fil du temps, Jeremy Narby et Francis Huxley, éd. Albin Michel.  
  • Anthologie du chamanisme, Vers une conscience élargie de la réalité, textes réunis par S. Nicholson, éd. du Rocher.
  • Le serpent cosmique, l’ADN et les origines du savoir, Jeremy Narby, éd. Georg.
  • L’enseignement de l’ayahuasca, Réflexions sur un mode de communication entre les plantes psychotropes et la conscience humaine, Romulad Leterrier, Yvelinédition.
  • Hallucinogènes et chamanisme, sous la direction de Michael Harner, éd. Georges

Quand la science corrobore les savoirs traditionnels
Le National Institutes of Health (responsable de la recherche médicale aux Etats-Unis) a créé un département : le National Center for Complementary & Alternative Medicine, qui consacre un budget de 100 millions de dollars notamment à l’étude scientifique des remèdes traditionnels à base de plantes et d’approches comme la guérison chamanique. D’autres recherches scientifiques ont validé les propriétés thérapeutiques de certaines plantes connues et utilisées par les chamans. Notez que c’est un sujet épineux, certaines populations dénonçant l’exploitation de leurs savoirs ancestraux à des fins commerciales par des entreprises pharmaceutiques…

Toujours dans cette perspective d’avancée des sciences actuelles, venant confirmer les savoirs traditionnels, épinglons les travaux sur l’intelligence et la conscience végétale, soit l’étude des stratégies de communication utilisées par les plantes envers leur environnement et « leur étonnante propension à prendre des décisions déterminant leurs actions », dixit Jeremy Narby. Ce que les Japonais appellent le chi-sei, ou « capacité de savoir » du monde naturel. À lire : Intelligence dans la nature, Jeremy Narby, éd. Buchet Chastel.

Mondes pluriels
Le domaine non-ordinaire que visite le chaman est composé de trois mondes : le Monde d’En-Bas (la demeure des esprits appelés « Animaux protecteurs »), le Monde d’En-Haut (demeure des esprits appelés « Enseignants ») et le Monde du Milieu, qui représente l’aspect non-ordinaire de notre réalité ordinaire et quotidienne. Le chaman fait la connaissance de multiples niveaux dans les mondes supérieurs et inférieurs, et après de nombreuses années de pratique, il arrive à connaître la géographie des domaines non-ordinaires et à apprendre comment y voyager.

 Carine Anselme